Qu’est-ce que l’ANC ?
Comprendre la réduction active du bruit
L’ANC (Active Noise Cancelling) est devenu l’un des critères les plus recherchés lors de l’achat d’un casque audio.
Pourtant, même si ce terme s’est démocratisé, son fonctionnement reste mal compris.
La réduction active du bruit repose sur une technologie acoustique qui associe des microphones, un traitement numérique du signal et une restitution sonore contrôlée. L’objectif est de réduire une partie du bruit ambiant pour offrir une écoute plus confortable.
Focus sur l’ANC : définition, technologies, bénéfices, cas d’usage, comparaison avec la réduction passive… et les points essentiels pour choisir un casque réellement efficace.
Définition de l’ANC ou réduction active du bruit
L’Active Noise Cancelling (réduction active du bruit) est un système électronique capable de diminuer la perception d’un bruit environnant.
L’appareil analyse les sons autour de l’utilisateur, puis génère une onde sonore inverse pour réduire l’intensité perçue.
Il ne repose pas sur l’épaisseur des coussinets ou sur la forme du casque (ceci relève de la réduction passive), mais sur une intervention active.
En pratique, l’ANC n’élimine pas tous les sons. Il est particulièrement efficace sur :
- les bruits constants,
- les fréquences graves et basses,
- les vibrations continues (moteur, roulement, ventilation).
Pour comprendre son fonctionnement, il faut revenir sur un principe physique : l’antiphase.
Le principe : l’antiphase appliquée au son
Les sons sont des ondes mécaniques : des variations de pression qui se déplacent dans l’air.
Deux ondes peuvent s’additionner (renforcement), se neutraliser (annulation partielle) ou s’influencer.
Pour neutraliser un son, l’ANC produit une onde sonore identique mais inversée.
Lorsque les deux ondes se superposent :
- les crêtes et creux opposés s’annulent partiellement,
- la pression acoustique perçue diminue,
- la sensation de bruit baisse.
Cette annulation parfaite n’existe que dans des conditions idéales, mais elle suffit pour réduire une partie importante du bruit ambiant.
Avec un casque bluetooth ANC, voici l’illustration plus exacte du mécanisme de l’antiphase :
Comment fonctionne l’ANC à l’intérieur d’un casque ?
La réduction active du bruit repose sur une chaîne technologique très précise. Un casque ANC ne se contente pas de “couvrir” les sons extérieurs : il analyse, modélise et génère en temps réel une onde opposée destinée à réduire l’intensité du bruit perçu. Pour y parvenir, trois éléments essentiels travaillent ensemble :
les microphones, chargés de capter le bruit ambiant ;
le processeur DSP, qui analyse les données et calcule l’onde inverse ;
les haut-parleurs, capables de restituer l’onde compensatrice avec une très faible latence.
L’ensemble constitue un système de traitement acoustique dynamique qui fonctionne en boucle continue, plusieurs centaines de fois par seconde.
Les microphones : les capteurs du bruit extérieur
Les casques ANC embarquent un à plusieurs microphones, positionnés selon la typologie d’ANC utilisée (feedforward, feedback ou hybride).
Microphones externes (feedforward)
Ils captent les sons avant qu’ils n’atteignent l’oreille : circulation, ventilation, bruit du train, voix éloignées…
Ils permettent au système d’anticiper une partie du signal à compenser.
Microphones internes (feedback)
Placés à l’intérieur de l’oreillette, face à l’oreille, ils mesurent le son réellement perçu.
Cette mesure est plus proche de la réalité acoustique subjective de l’utilisateur.
Précision et rapidité
Les micros doivent être :
sensibles aux basses fréquences (là où l’ANC est le plus efficace),
capables de capter un large spectre sans distorsion,
suffisamment rapides pour transmettre le signal sans latence excessive.
Le DSP : le cerveau du système de réduction du bruit
Une fois les informations sonores captées, elles sont envoyées à un DSP (Digital Signal Processor), un processeur conçu pour effectuer des calculs audio à haute fréquence.
L’analyse du signal sonore
Le DSP étudie :
la fréquence des sons,
leur intensité,
leur régularité,
leurs variations rapides.
Cette analyse se fait via des techniques de traitement numérique telles que la transformation de Fourier, qui permet d’isoler les composantes fréquentielles d’un bruit.
Le calcul de l’onde inverse
L’objectif est de générer une onde strictement opposée au bruit entrant.
Pour cela, le DSP doit :
inverser la phase du signal,
ajuster l’amplitude pour correspondre au bruit réel,
prédire l’évolution du signal lorsque les bruits sont répétitifs (train, moteur, ventilation…).
La majorité des DSP actuels opèrent en quelques millisecondes. Un retard plus important compromettrait l’efficacité de l’annulation du bruit.
La correction dynamique
Le DSP ne se contente pas d’une mesure ponctuelle : il recalibre en permanence la compensation produite, car les bruits varient d’instant en instant.
La diffusion de l'onde inverse par les haut-parleurs
Une fois le signal inversé calculé, il doit être diffusé par les haut-parleurs en parfaite synchronisation avec le bruit entrant.
La superposition des signaux
Les haut-parleurs reproduisent :
la musique ou le contenu audio choisi par l’utilisateur,
l’onde inverse calculée par le DSP.
Les deux signaux se superposent dans l’oreillette.
L’importance de la rapidité
La restitution doit être quasi immédiate : si l’onde inverse arrive ne serait-ce qu’avec quelques millisecondes de retard, la compensation devient partielle.
Le rôle de l’isolation passive
Même si l’ANC est actif, la forme de l’oreillette et les matériaux jouent aussi un rôle essentiel : une bonne isolation passive facilite le travail du haut-parleur, notamment dans les médiums et les aigus, où l’ANC est moins efficace.
Les trois grandes familles d’ANC
Les casques ANC ne fonctionnent pas tous selon la même architecture.
Il existe trois grandes approches, chacune avec ses avantages et ses limites.
L’ANC feedforward (micro externe)
Le microphone est placé à l’extérieur de l’oreillette.
Avantages :
- Capte le bruit avant qu’il n’atteigne l’oreille,
- Très efficace sur les bruits larges et réguliers (ventilation, circulation lointaine…).
Limites :
- Plus sensible au vent,
- Risque d’erreur d’analyse si les variations sont rapides.
L’ANC feedback (micro interne)
Le microphone est situé à l’intérieur de l’oreillette, au plus près de l’oreille.
Avantages :
- Analyse réelle du son perçu par l’utilisateur,
- Bon contrôle des basses et des médiums.
Limites :
- Peut être moins performant sur les hautes fréquences,
- Sensible aux résonances internes du casque.
L’ANC hybride (double micro)
C’est la combinaison des deux précédents : un micro externe + un micro interne.
Avantages :
- Analyse complète de l’environnement sonore,
- Compensation plus précise,
- Moins sensible aux variations imprévues.
Limites :
- Plus coûteux à produire,
- Peut consommer davantage d’énergie.
Un casque ANC qui affiche une réduction de -43 dB, ça veut dire quoi ?
Quand un casque ANC annonce une réduction de –43 dB, cela signifie qu’il est capable de diminuer l’intensité d’un bruit extérieur jusqu’à 43 décibels dans les conditions optimales de fonctionnement de la réduction active du bruit.
Autrement dit, le bruit ambiant perçu par l’oreille est beaucoup moins fort une fois l’ANC activé.
Pour comprendre :
Le décibel (dB) est une unité logarithmique, ce qui veut dire que chaque gain de quelques dB représente une réduction importante.
Une atténuation de –43 dB correspond à une réduction massive du bruit, notamment dans les basses fréquences où l’ANC est le plus efficace (avion, train, ventilation, moteurs…).
En résumé
Un casque ANC supprime-t-il totalement le bruit ?
Non. L’ANC réduit surtout les bruits graves et réguliers (avion, train, ventilation…). Les voix proches, les sons aigus ou les bruits soudains restent en partie audibles, même avec un très bon ANC. L’isolation passive du casque complète le travail.
Que signifie une réduction de –40 dB ou –43 dB ?
C’est la capacité maximale théorique de réduction sur certaines fréquences. Cela ne correspond pas à une réduction uniforme sur tout le spectre sonore. C’est un indicateur de puissance du système ANC, pas une mesure d’atténuation globale.
Un casque ANC consomme-t-il plus de batterie ?
Oui. L’ANC fait travailler en continu les micros, le DSP et les haut-parleurs. L’autonomie baisse en général de 20 à 40 % par rapport à l’usage sans ANC. C’est pour cela qu’il faut vérifier l’autonomie ANC activé, pas seulement la valeur « jusqu’à X heures ».
Quelle est la meilleure marque de casques ANC ?
Les grandes marques comme Sony, Bose ou JBL dominent souvent le très haut de gamme, mais de nombreux modèles moins connus offrent aujourd’hui un ANC très solide, une excellente autonomie et un meilleur rapport qualité/prix. Le Haylou S30 sélectionné par Silensya en est un bon exemple.
